Comment se passe une première rencontre avec un psychologue ?
- 3 mars 2024
- 6 min de lecture
Dernière mise à jour : il y a 4 jours
Bonjour et bienvenue sur ce quatrième article du « Journal d’une agoraphobe ».

Un article pour vous, anxieux, accompagnants d'anxieux, et pour les psychologues ou futurs psychologues qui nous lisent. Je témoigne ici de mon expérience d'ancienne agoraphobe, sans prétendre soigner qui que ce soit — ce n'est ni ma formation, ni mon métier. J'espère simplement que ce partage vous apporte quelques pistes et contribue à libérer la parole sur un sujet qui stigmatise encore trop de monde.
Ce qu'il faut savoir avant de commencer
Dans le précédent article, je racontais mon premier contact avec le corps médical après ma toute première attaque de panique. Persuadée de faire une crise cardiaque, totalement ignorante de tout ce qui touche à la santé mentale, je me suis rendue dans un cabinet d’urgences médicales.
Prise en charge médicalement irréprochable : on m'a prescrit du Lexomil après cinq minutes de consultation — passage de la carte vitale et paiement compris dans ce délai — sans un mot d'explication sur ce que c'était, ni pourquoi. Un manque d'information et de transparence qui, je le crois, laisse trop de patients rentrer chez eux sans réponses... (je donne une description exhaustive de cette consultation dans cet article : Les urgences sont elles formées à accueillir une personne qui vient de faire une attaque de panique ?)
Avec cet article, je vous emmène à ma première consultation avec une psychologue.
Comment ai-je choisi mon psychologue ?
Ma première attaque de panique est antérieure au Covid-19, bien avant que les téléconsultations ne se démocratisent — une option qui m'aurait bien arrangée... Étant incapable de sortir seule de chez moi à l'époque, mon seul critère de sélection a été... la proximité géographique. Pas franchement pertinent, mais terriblement pragmatique vu ma situation. Par chance, une psychologue exerçait dans mon village et pouvait me recevoir rapidement (trois semaines d’attente).
Ma première attaque de panique, et tout ce qu'elle cachait
Lors de cette première visite, je raconte à ma psychologue « la scène de la poubelle » (racontée en détail dans cet article) : ma toute première attaque de panique, l'événement qui m'a fait prendre conscience que quelque chose n'allait pas. Je conclus fièrement : « et voilà comment tout a commencé ».
Une heure de discussion plus tard, je comprends que tout avait commencé bien avant. Les indices étaient là, mais n'étant absolument pas sensibilisée aux questions de santé mentale et de phobies, je n'avais aucune clé pour les identifier.
Trois signaux que je n'ai pas su lire
Trois éléments, tous liés à ma voiture, auraient dû m'alerter sur la façon dont je réduisais peu à peu mon espace de liberté :
1. Le refus de prendre l'autoroute. Après avoir franchi un passage à niveau in extremis, juste avant le passage d'un train — pare-brise explosé par la barrière et belle peur au passage … sans mauvais je de mot…—, j'ai décidé du jour au lendemain de ne plus jamais prendre l'autoroute. Le lien logique est mince, mais j'ai vécu des années entières en construisant mentalement des itinéraires alternatifs par les nationales pour éviter toute autoroute.
2. Le refus de conduire jusqu'en ville. Un jour, sans raison apparente, un malaise indescriptible me saisit au volant en fin d'après-midi. Très anxieuse, je rentre chez moi tant bien que mal. Ce sera la dernière fois que je prendrai ma voiture pour aller en ville. À partir de là, mes trajets en tant que conductrice se limitent à mon village.
3. Le refus de me rendre au travail en voiture. Mon bureau se trouve dans mon village, sur un trajet que j'effectuais presque sans y penser depuis des années — jusqu'au jour où je me « souviens » du fameux passage à niveau sur ce trajet. Cette pensée envahit alors la quasi-totalité de mon cerveau, en boucle, cherchant toutes les solutions possibles pour l'éviter. Plutôt que d'affronter le problème, je décide de prendre le bus…
Ces trois étapes se sont déroulées petit à petit. Cette réduction de mon espace de liberté a pris 7 ans. Je n'ai plus jamais repris le volant depuis…
Une première attaque de panique : déjà la maladie, mais des symptômes précurseurs bien antérieurs
C'est donc ainsi que j'ai progressivement réduit mon périmètre de liberté. En une seule séance, je prends conscience que mon problème pour « franchir mon portail » ne datait pas d'hier. Pour celles et ceux qui découvrent ce blog, cette référence au portail n'a rien de fantastique : c'est simplement devant mon propre portail qu'a eu lieu ma première attaque de panique, et c'est ce portail-là que je n'ai, ce jour-là, pas réussi à franchir.
Je ressors de cette première séance confiante et optimiste.
Tomber sur le bon psychologue, une question de chance ?
Il faut le dire clairement : j'ai eu beaucoup de chance. Mon unique critère de sélection — la proximité géographique — n'avait rien d'une stratégie. Je vous déconseille cette méthode.
Un psychologue est un peu comme un outil : mieux vaut planter un clou avec un marteau qu'avec un tournevis. Cela vaut la peine de prendre le temps de se renseigner — non pas pour procrastiner indéfiniment sur ce choix, mais pour explorer, dans un délai raisonnable, les différentes thérapies et les différents profils de thérapeutes.
À l'époque, pour moi, une thérapie était la thérapie — le fameux stéréotype du divan — et un thérapeute était forcément quelqu'un qui connaissait Freud par cœur et interprétait les rêves… J'étais à mille lieues d'imaginer la diversité réelle des approches :
la thérapie psychanalytique
la thérapie psychodynamique
la thérapie cognitivo-comportementale (TCC)
la thérapie comportementale
la thérapie cognitive
la thérapie humaniste
la Gestalt-thérapie
la thérapie neuropsychologique
la thérapie systémique
…
Et cette liste, déjà longue, simplifie encore la réalité : chacune de ces approches se décline elle-même en plusieurs courants.
Pourquoi une thérapie c’est si compliqué ?
Fièvre : direction le généraliste. Grain de beauté suspect : le dermatologue. Problème gynécologique : le gynécologue. Simple. Mais face à un problème de santé mentale ? Psychiatre ou psychologue ? Et laquelle, parmi toutes ces thérapies ?
Quelques repères pour s'y retrouver
Ne pas attendre le praticien parfait. La perfection n'existe pas. Si vous ne vous sentez pas bien, prenez rendez-vous avec un psychologue disponible rapidement : mettre des mots sur une souffrance ne doit pas attendre, sous peine de voir la situation s'enliser. Si la première rencontre ne convient pas, rien n'empêche de changer de thérapeute ou de thérapie par la suite.
Utiliser les ressources numériques. Nous avons la chance de disposer de forums en ligne, de sites officiels, de podcasts... Renseignez-vous sur les psychologues de votre région via les annuaires en ligne, les recommandations de votre médecin traitant ou de vos proches, ou les sites et réseaux sociaux des praticiens pour connaître leurs spécialités.
Vérifier les qualifications. Cela semble une évidence, mais très peu de personnes le font : assurez-vous que le professionnel choisi est diplômé et détient une licence valide.
Prendre contact avant de s'engager. Internet permet d'échanger avec plusieurs psychologues avant de choisir, pour évaluer qui correspond le mieux à vos attentes. Il ne faut surtout pas hésiter.
Écouter son ressenti. Vous sentez-vous à l'aise ? Certaines personnes ont besoin d'empathie et d'écoute, d'autres préfèrent une approche plus directe. L'essentiel est de trouver un praticien avec qui vous vous sentez en confiance et en sécurité. L'alliance thérapeutique est l'un des piliers d'une thérapie réussie.
Pour conclure
Je donne ces conseils en sachant, pour être passée par là, que la réalité est plus compliquée : une personne non sensibilisée à la santé mentale se retrouve face à un flou immense. Je ne suis pas thérapeute, mais n'hésitez pas à me contacter si vous avez besoin de pistes : j'ai constitué une liste d'ouvrages et de podcasts gratuits qui pourraient vous aider.
Je rêve du jour où les services d'urgence et les cabinets médicaux disposeront de brochures simples expliquant les crises d'angoisse et les attaques de panique — avec un récapitulatif des différentes thérapies existantes. Un outil qui permettrait au patient et à son entourage de sortir de ce flou, et qui aiderait aussi les médecins à parler de santé mentale avec leurs patients. Je suis certaine qu'une telle brochure serait rapidement en rupture de stock dans n'importe quel cabinet… dans le jargon médical cela s’appelle la psycho éducation…
Dans le prochain article, je reviendrai sur le premier protocole de soins que j'ai suivi : un protocole de thérapie cognitivo-comportementale (TCC).
Si ce blog peut être utile à vous ou à l'un de vos proches, n'hésitez pas à le noter, à le partager, et à laisser un commentaire — je serai ravie de vous lire et d’entendre vos expériences.



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